SENEQUIER-CROZET Grenoble, 23 septembre 2026, 14H00

23 septembre 2026 16H00

Collection privée d'une centaine de petits portraits peint à l'huile sur cuivre, sur zinc, sur toile, sur papier et de miniatures sur différents supports, ivoire, vélin, papier. Rare ensemble des écoles française, flamande, hollandaise, italienne, italo-flamande et anglo-flamande des XVII-XVIIIe et XIXe siècles.

Certains lots seront présentés en co-expertise avec notre confrère Alexis Bordes, expert en tableaux anciens.

 

N° à venir.

Ecole française de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Portraits du Comte Joseph Hyacinthe François de Rigaud de Vaudreuil (1740-1817) vu jeune en uniforme de gendarme et de sa sœur Marie Joséphine de Rigaud de Vaudreuil, Comtesse de Duras (1743-1781), en buste en en pendants.

Deux miniatures sur ivoire ovales : H : 4 cm et 4 cm, réunies dans un cadre du XIXe siècle de bois sculpté de rinceaux, épis, grappes et feuilles de raisin, surmonté d'un médaillon aux armes d’alliances, orné en partie basse d’un cartel peint : « C. de RIGAUD de Vaudreuil/ C[hevalie]r des ordres du Roi, & &/ et sa sœur/ la Cte de DURAS, Pse de Beurnonville/ 1759 ».
Cadre H : 21 cm. Poids : 270 g.

La date de 1759 fait référence à l’année où Vaudreuil entra dans l’armée, comme guidon des gendarmes du Berry. Il porte ici l’uniforme rouge à galons d’argent des gendarmes, selon le modèle en usage pendant et peu après la Guerre de Sept ans (1756 -1763) où il servit comme adjudant du maréchal de Soubise. En 1764, il fut nommé sous-lieutenant aux gendarmes écossais, en 1770, brigadier au régiment Dauphin-Dragons, en 1780 maréchal de camp, gouverneur de la citadelle de Lille, grand fauconnier de France. Il ne porte pas encore l’insigne de chevalier des ordres du roi ni le cordon bleu du St Esprit reçu en 1784.

Ce portrait de jeunesse inédit le montre au début de sa carrière militaire qui fut aussi brillante que ses succès mondains. Proche du comte d’Artois et du clan des Polignac, il était considéré comme l’homme le plus séduisant de la Cour : « Grand, bien fait, élégant, il avait une figure charmante, une physionomie mobile comme ses idées, un sourire obligeant, un maintien noble avec les manières les plus attrayantes. Son caractère chevaleresque, sa franchise, sa loyauté, sa magnificence, sa probité, poussée, disait de lui Besenval, jusqu'à « une sorte de férocité, » lui conciliaient l'estime et l'admiration […], qualités gâtées par des emportements qu'il était impuissant à réprimer ». Emigré en 1789, il fut sous la Restauration nommé gouverneur du musée du Louvre, et fait pair de France.

Les armoiries en haut du cadre sont : à droite celles de Rigaud de Vaudreuil, « d’argent au lion de gueules couronné d’or », à gauche celles (avant variante) des Duras, « écartelé, de gueules au lion d’argent » (ici d’or), « d’argent à la bande d’azur ». Marie-Joséphine de Rigaud de Vaudreuil épousa en 1767 Charles Armand Fidèle de Durfort comte de Duras (1743-1804) et mourut le 23 novembre 1781, laissant une fille unique, Fidèle-Joséphine-Maclovie de Durfort de Duras (1780–1865). Son portrait parait copié d’un détail d’une miniature signée de Mathies vers 1781 (coll. Tansey, Celle, Allemagne, inv. 10500), où elle figure avec sa fille et la grand-mère de l’enfant. Elle ne semble pas avoir été princesse de Beurnonville/ Bournonville.

Nos vifs remerciements à M. Jean-Louis Vial pour son identification de l’uniforme.

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