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Barbe Edmée CHARDON, Jeune Femme, Portrait présumé de Virginie Ancelot, vers 1817-1820

Inv. 0014M


Madame CHARDON née de VERNISY (1761-1832)

Jeune femme, Portrait présumé de sa fille Virginie Ancelot, célèbre salonnière, vers 1817-1820

 


Vendu

Miniature sur ivoire

Signée en bas à droite :  Chardo[…]

Ovale, H. 8,3 cm, L. 6,8 cm

Cadre en métal doré, à bélière et chevalet, H. 9,2 cm, L. 7,8 cm

L’artiste : élève de J.-B.J. Augustin, Mme Chardon, née Barbe Edmée de Vernisy (Dijon, 19 juillet 1761 – Paris ?, 1832) exposa au Salon de 1806 et 1808. Elle tint un salon littéraire à Paris et forma quelques élèves, dont sa fille, la célèbre Virginie Ancelot. Selon les recherches de Sophie Marchal, elle était issue d’une ancienne famille de parlementaires dijonnais et avait épousé en 1782 un homme d’affaires, Antoine Joseph Thomas Chardon (Gdansk, 9 novembre 1755 – Dijon, 28 mars 1833) qui connut des revers de fortune. Victime d’une dénonciation, Mme Chardon fut incarcérée peu de temps après la naissance de sa fille en 1792 et passa un an en prison. La famille vint s’installer à Paris aux environs de 1800. Barbe Edmée prit grand soin de l’éducation de sa fille qui entra chez les Ursulines et qu’elle forma à la peinture ainsi qu’à la tenue d’un salon littéraire. Lancée sur la scène parisienne, Marguerite prit le prénom plus à la mode de Virginie, exposa des tableaux de 1814 à 1819 et fut protégée par le baron Gérard qui en fit le portrait, ainsi que par le comte de Chabrol et la duchesse de Duras. Elle tint un salon littéraire des plus mondains sous la Monarchie de Juillet, fréquenté par Alfred de Vigny et Balzac, et fut une femme de lettres célèbre sous le Second Empire.


Pupil of JBJ Augustin, Mrs Chardon, née Barbe Edmée de Vernisy (Dijon, 19 juillet 1761 – Paris ?, 1832) exhibited at the Paris Salon in 1806 and 1808. She held herself a litterary salon and taught painting, including to her daughter who was to become the famous Virginie Ancelot. Sophie Marchal research shows that Mrs Chardon was from an old parliamentary family from Dijon. She maried in 1782 a business man, Antoine Joseph Thomas Chardon (Gdansk, 9 novembre 1755 – Dijon, 28 mars 1833) who experienced a downturn in his business. Victim of a denunciation, she was put to jail soon after the birth of her daughter in 1792 and was incarcerated for one year. The family settled in paris circa 1800. barbe Edmée Chardon took great care of her daughter's education, send her to school with Ursuline sisters and taught her to paint as well. Marguerite made her debuts in the Parisian life and changed her firstname to the more fashionable "Virginie". She became a protegée of Baron Gerard who painted her portrait. her salon became one of the most fashionable in Paris, with among other regular guest, Bazac and Alfred de Vigny.

 

L'oeuvre: Il est tentant de voir dans ce portrait, dans lequel l'artiste se surpasse en reprenant la technique d’Augustin d’un pointillé très serré, celui de sa propre fille, la fameuse Madame Ancelot, au moment ou peu après son mariage en 1817 avec le future académicien Jacques Ancelot.

M. A. Malitourne brossait de Virginie Ancelot ce portrait en 1828 : « Au moral comme au physique, Virginie Ancelot n'a pas un mérite visible pour tout le monde, et il en faut beaucoup avoir pour sentir tout ce qu'elle en a. Cela vient d'un certain abandon répandu dans toute sa personne ; elle a l'air si désintéressé sur elle-même qu'elle n'appelle pas tout de suite l'intérêt, et, jugée par la distraction, elle ne recueille que l'indulgence. Je doute qu'on l'ait jamais trouvée ni très jolie ni très-spirituelle au premier abord; une sorte de mystère enveloppe tout son être. Virginie a la tête admirablement bien posée, ses mouvements sont pleins de nonchalance et de grâce. Brune de cheveux, blanche de teint, elle abandonne à ses yeux tout l'honneur de sa figure et ils suffiraient à sa beauté. Modeste et timide, elle laisse quelquefois tomber sur vous ces beaux yeux, dont l'expression est sérieuse et mélancolique, d'une manière si directe et si prolongée qu'une pareille attention vous inquiète et vous charme; elle ne se doute pas de l'effet de ces longs regards si expressifs à son insu; ils sont, pour ainsi dire, absents de la personne qui les reçoit; ce sont des éclairs de ce feu sacré qu'il faut lui reconnaître, et des préoccupations de sa pensée. » (Charles Monselet, La lorgnette littéraire, dictionnaire des grands et des petits auteurs de mon temps, Paris, 1857, p. 6).

Les portraits connus de Virginie Ancelot sont peu nombreux. Notre portrait concorderait avec celui qu’a dessiné d’elle plus tard, vers 1826 ,Joseph François Heim (1787-1865) et qui la montre avec un visage fin (Louvre, inv. 27056). Le baron Gérard fit un tableau d’elle jeune fille avec un visage plus arrondi et des cheveux plus foncés, portrait qui servit de modèle à la lithographie ultérieure d’Alophe. Nous restons donc prudent sur l’identification de cette jeune femme au regard doux, à l’élégante robe blanche au décolleté raffiné, parée d’un châle bleu sur l’épaule gauche.

It is tempting to see in this beautiful portrait Mrs Chardon's own daughter Virginie. There are few portraits to compare this one with. Our portrait would concord with a later one, made circa 1826, by Heim (Louvre, inv. 27056), showing Virginie as a young lady with a thin face. Baron Gerard's portrait, used by Alophe for his lithography, shows her still a teenager with plumpy cheeks and darker hair. Therefore we stay cautious on the identification of this young lady, with mild eyes, elegantly dressed in white with a blue shawl on the left shoulder, on a cloudy sky background.

L’œuvre de Mme Chardon : il s’agit de l’une des très rares miniatures actuellement répertoriées de Madame Chardon ; deux autres sont conservées l’une au Bowes Museum en Grande-Bretagne, l’autre dans la collection Tansey, à Celle, en Allemagne ; une troisième, seule signalée par Schidlof, figura dans l’ancienne collection Jaffé en Allemagne.

L’influence d’Augustin est particulièrement sensible dans la technique de ce portrait, bien mis en valeur par le fond de ciel nuageux.

This portrait largely influenced by her master Augustin, is one the very few known from Mrs Chardon. Two others are located, one in the Bowes Museum, Great-Britain, the other in the Tansey collection, Germany; a third one was formerly in the Jaffé collection, Germany.

Etat: bon; condition: good


Bibliographie : Marchal Sophie : « Une correspondance inédite de Balzac autour d‘une amitié de salon : Virginie Ancelot »,  L’année balzacienne,  2001/1, n° 2, p. 269-270.

Jeune Femme, Portrait présumé de Virginie Ancelot, vers 1817-1820
Jeune Femme, Portrait présumé de Virginie Ancelot, vers 1817-1820
Jeune Femme, Portrait présumé de Virginie Ancelot, vers 1817-1820

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